Brillant depuis le début de la saison, le franco-monégasque apporte un vent de fraîcheur sur la Formule 1

Pourquoi la Scuderia a décidé de miser sur ce jeune de 21 ans pour accompagner le quadruple champion du monde Sebastian Vettel ?
En prenant la décision de remplacer Kimi Räikkönen, dernier pilote à avoir été champion du monde au volant d’une Ferrari, par ce quasi néophyte, la firme italienne a tenté un gros pari. C’était l’une des dernières décisions de Sergio Marchionne, le président de Ferrari décédé en juillet dernier. Même ce capitaine d’industrie avait détecté le potentiel exceptionnel de Charles Leclerc. Il ne s’était pas trompé.
Loin de se contenter de jouer les porteurs d’eau, le prodige monégasque a tout de suite mis la pression sur son équipier allemand. Lors du grand prix de Bahreïn, il a même imposé sa pointe de vitesse à tout le peloton de la F1 en signant sa première pole position, dès son deuxième week-end en rouge.
Et dire que ce pur talent a failli ne jamais monter dans une monoplace ! Comme de nombreux pilotes de karting, Charles Leclerc manquait de budget pour continuer sa trajectoire. Heureusement, le hasard a bien fait les choses. Son frère était en effet le meilleur ami de Jules Bianchi, alors talent prometteur aspirant à accéder à la Formule 1. Convaincu de son talent, Jules Bianchi avait plaidé avec ardeur la cause de son ami auprès de son manager Nicolas Todt.
Jules se souvient avec émotion de cette rencontre : « Je n’avais pas les moyens d’investir sur plusieurs pilotes en même temps, mais Jules a été tellement convaincant que j’ai accepté de rencontrer Charles. Presque par politesse. Il est venu en costume, un peu tremblotant, accompagné de son père. Ils m’ont expliqué qu’ils n’avaient pas les moyens de continuer. Poli, intelligent, posé, le petit Charles m’a ému. J’ai accepté de l’aider sur une année en lui disant : Si tu fais du très bon boulot, je serai toujours derrière toi. Depuis, il ne m’a jamais déçu. Bien au contraire… ».
C’est simple, Charles Leclerc a réalisé un parcours sans-faute, en remportant les titres de GP3 et de Formule 2 dès sa première saison ! Et, après une saison très impressionnante dans la petite équipe Sauber, le voilà, chez Ferrari.
Pour réaliser un parcours aussi météorique, il a pourtant dû surmonter des drames personnels. D’abord le décès de son ami et meilleur avocat Jules Bianchi, des suites d’un funeste accident au Grand Prix du Japon 2014. Et surtout la mort de son père en juin 2017. « Nous avons alors tous découvert sa force mentale extraordinaire, se rappelle Nicolas Todt. Charles arrive à se transcender dans l’adversité. Il fait des choses inimaginables en faisant abstraction de tout le reste. C’est une de ses grandes forces. » Les cadors de la Formule 1 sont en train de s’en rendre compte. Et ce n’est qu’un début…
Le 27 Avril 2019 à 14h05 – Clément DELAUNE